Quand l’intelligence artificielle s’invite à l’école : le CEG HONTON ouvre le débat
Une rentrée littéraire entre théâtre, réflexion et dialogue sur l’avenir de l’éducation béninoise
Mercredi 7 octobre 2026, de 15 heures à 18 heures, le CEG HONTON a accueilli une rentrée littéraire pas comme les autres. Au cœur des échanges : une question qui interpelle désormais tous les acteurs de l’éducation : « L’intelligence artificielle et ses enjeux sur le monde éducatif béninois ».
Dans une atmosphère à la fois conviviale et studieuse, l’activité s’est ouverte par les mots de bienvenue de Madame Eugénie Romualde Dégbèï LINSOUSSI, Directrice du CEG HONTON, suivis du mot de remerciement de Monsieur Aristide SATOGUINA, Conseiller Pédagogique et Président de la section Couffo de l’Association des Professeurs de Français du Bénin.
Un moment particulièrement symbolique a ensuite marqué l’assistance : les élèves de la Terminale A du CEG HONTON ont exécuté l’hymne national du Bénin en Adjagbé, donnant à cette rencontre une belle coloration culturelle et patriotique.
Quand le théâtre fait réfléchir sur le futur
La scène a ensuite pris le relais avec la dramatisation de la pièce « L’intelligence artificielle et l’avenir du savoir », écrite par le Conseiller Pédagogique Aristide SATOGUINA.
À travers cette représentation, les élèves ont été amenés à s’interroger sur les transformations que l’intelligence artificielle pourrait provoquer dans notre rapport au savoir, à l’apprentissage et à l’éducation.
L’IA : alliée ou menace pour l’élève ?
Le temps fort de la rencontre fut la communication présentée par le Professeur Vigninou Aubrac Edgard KANTCHI sur le thème : « L’intelligence artificielle et ses enjeux sur le monde éducatif béninois ».
Loin d’une conférence magistrale, l’intervention s’est voulue participative et interactive. Les élèves ont été invités à réfléchir à leurs propres usages des outils d’intelligence artificielle et à distinguer les usages qui favorisent l’apprentissage de ceux qui peuvent conduire à la dépendance ou à la tricherie.
La communication a notamment mis en évidence les possibilités offertes par l’IA : explication personnalisée des notions, accompagnement dans les exercices, aide à la recherche, soutien à l’écriture et développement de certaines compétences numériques.
Mais elle a également attiré l’attention sur plusieurs défis : dépendance intellectuelle, fausses informations, tricherie scolaire, protection des données personnelles et inégalités d’accès aux outils numériques.
Une conviction s’est progressivement imposée : l’IA doit aider l’élève à mieux penser et non penser à sa place.
Des élèves au cœur du débat
La séance de questions-réponses a confirmé l’intérêt suscité par le sujet. Les élèves du CEG HONTON ont posé des questions particulièrement pertinentes, donnant lieu à des échanges nourris et à des éclairages complémentaires apportés par les enseignants présents.
L’événement a également connu la participation d’enseignants de français venus de plusieurs établissements du département, notamment du CEG 1 Dogbo, du CEG 2 Dogbo, du CEG Dadohoué, du CEG Dékandji et du CEG Adjido.
Trois heures pour penser l’école de demain
À 18 heures, au moment des mots de fin du Conseiller Pédagogique et de la Directrice du CEG HONTON, une chose était certaine : ces trois heures n’avaient pas seulement permis de parler d’intelligence artificielle. Elles avaient surtout permis de réfléchir à l’avenir de l’élève, de l’enseignant et de l’école béninoise.
L’enjeu n’est donc plus de savoir si l’intelligence artificielle entrera dans nos écoles. Elle y est déjà. Le véritable défi consiste désormais à apprendre à nos élèves à l’utiliser avec discernement, esprit critique, honnêteté et responsabilité.
« Ne demandons pas à l’intelligence artificielle de penser à notre place ; apprenons plutôt à l’utiliser pour mieux penser. »
C’est peut-être là que réside l’une des grandes missions de l’école béninoise face à la révolution numérique qui s’annonce.
Serge MEGNONHOU
Point focal Dogbo/Section Couffo APFB


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