ATLANTIQUE NORD : LE ROMAN BABINGO AU NOM DES ACCULTURÉS AU CŒUR D’UN DÉBAT AU CEG HOUEGBÔ (TOFFO)
Le vendredi 6 mars 2026, le CEG Houegbô, dans la commune de Toffo, a servi de cadre à un café littéraire consacré au roman Babingo au nom des acculturés de Moussibahou Bazou. Cette activité, organisée par la section Atlantique Nord de l’Association des Professeurs de Français du Bénin (APFB), a débuté à 16 heures et a réuni enseignants et apprenants autour de la problématique de l’enseignement en langues nationales africaines.
La rencontre a été ouverte par le censeur de l’établissement, M. Samuel Dossou, représentant du chef d’établissement. Dans son intervention, il a exprimé sa gratitude à l’endroit des responsables de la section Atlantique Nord de l’APFB pour leurs efforts en faveur de l’amélioration du niveau des apprenants en français dans la zone pédagogique de Toffo.
La communication principale a été animée par le professeur Toussaint Tanga. Celui-ci a débuté par une brève présentation du roman. Selon lui, Babingo au nom des acculturés relate l’histoire d’un enfant à qui il est interdit de parler sa langue maternelle à la maison. Pour Makouta, le père de Babingo, son fils doit impérativement s’exprimer en langue française, considérée comme la langue de l’enseignement. Cette situation plonge l’enfant dans une véritable crise identitaire, surtout lorsqu’il constate que ses camarades peuvent s’exprimer librement dans leurs langues maternelles.
À travers cette intrigue, l’œuvre aborde la question sensible de l’enseignement en langues nationales africaines, un projet qui peine encore à s’imposer dans plusieurs pays du continent. Le roman se présente ainsi comme un plaidoyer en faveur de l’intégration des langues africaines dans les systèmes éducatifs.
Le débat qui a suivi la présentation a particulièrement captivé les apprenants. Les échanges ont porté sur la faisabilité d’un enseignement en langues nationales africaines. Pour certains participants, un tel projet constitue une voie prometteuse pour le développement culturel et éducatif de l’Afrique. D’autres apprenants ont toutefois exprimé des réserves, évoquant la diversité linguistique du continent ainsi que les réalités politiques et sociolinguistiques qui pourraient compliquer sa mise en œuvre.
Selon ces derniers, la multiplicité des langues nationales dans les pays africains représente un obstacle important à l’instauration d’un système éducatif fondé sur ces langues. Ils ont également évoqué l’influence persistante du néocolonialisme, qui constitue, selon eux, un frein à l’adoption de politiques linguistiques favorables aux langues africaines.
Face à ces préoccupations, l’animateur, se montrant optimiste, a souligné que l’enseignement en langues africaines demeure possible. Il a rappelé que dans certains pays africains, comme le Mali ou le Nigeria, plusieurs langues nationales, notamment le bambara, le yoruba ou le haoussa, sont déjà utilisées dans certains domaines de communication et d’apprentissage. Pour lui, l’idéal défendu par Moussibahou Bazou ne relève donc pas d’une utopie, mais nécessite plutôt de l’audace et une véritable volonté politique.
Le café littéraire s’est achevé dans une atmosphère de satisfaction générale. Les apprenants ont exprimé le souhait de voir se multiplier ces espaces d’échanges autour des œuvres littéraires inscrites au programme dans les collèges et lycées du Bénin.
Jean-Claude ZOUNDOKPE
Membre de l’APFB – Atlantique Nord

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