L’Immortelle Barbara Cassin à l’Institut français de Cotonou : la philosophie des “intraduisibles” au cœur de la francophonie et du dialogue interculturel
Sous la paillote de l’Institut français du Bénin, l’Immortelle Barbara Cassin a brillamment captivé son auditoire le mercredi 14 janvier 2026, à l’occasion d’une conférence-débat consacrée aux « intraduisibles ». Académicienne, directrice de recherche au CNRS et figure majeure de la pensée contemporaine, elle a invité le public à une réflexion approfondie sur ces mots qui résistent à la traduction et qui révèlent, par cette résistance même, la richesse et les enjeux culturels des langues.
Organisée par l’Ambassade de France au Bénin et l’Institut français, cette rencontre a également bénéficié de l’engagement actif de l’Association des Professeurs de Français du Bénin (APFB), à travers sa section du Littoral. Enseignants et élèves des collèges d’enseignement général (CEG) de Cotonou ont répondu présents, illustrant ainsi le rôle essentiel de l’APFB dans la promotion de la francophonie, de la réflexion linguistique et du dialogue interculturel.
Dès 18h30, la paillote de l’Institut français s’est transformée en un véritable espace de pensée et d’échanges. Invitée d’honneur, l’Immortelle Barbara Cassin, philosophe de renom et directrice de recherche au CNRS, a conduit un public nombreux et diversifié — élèves, étudiants, enseignants, journalistes, amateurs de philosophie et simples curieux — dans une exploration stimulante de l’univers des « intraduisibles ». Par une parole à la fois claire, rigoureuse et passionnée, elle a rappelé que traduire ne relève jamais d’un simple exercice technique, mais constitue un acte intellectuel engageant, une manière de penser l’altérité et d’entrer en dialogue avec d’autres visions du monde.
S’appuyant sur son travail emblématique autour du Dictionnaire des intraduisibles, l’Immortelle Barbara Cassin a montré que certains mots ne sont pas intraduisibles par défaut, mais parce qu’ils condensent une histoire, une culture et une manière singulière de concevoir le réel. Traduire, a-t-elle souligné, c’est toujours interpréter, négocier le sens et parfois accepter l’irréductible. Elle a notamment affirmé :
« La pluralité des langues est loin de se réduire à une pluralité de désignations d’une même chose. »
À travers l’exemple du mot « musée », dont la conception varie selon les contextes culturels, notamment entre l’Afrique et l’Europe, la philosophe a mis en lumière la nécessité d’inventer de nouvelles manières de penser et de nommer. Cette illustration a particulièrement marqué les esprits, rappelant que chaque langue porte en elle une vision du monde singulière et irremplaçable.
À l’issue de l’exposé, un échange nourri s’est engagé avec la salle. Les participants ont interrogé l’Immortelle Barbara Cassin sur les enjeux de la traduction dans les domaines de l’éducation, de la diplomatie et de la littérature. Plusieurs interventions ont insisté sur l’importance de préserver la diversité linguistique et de considérer la traduction comme un véritable acte de médiation interculturelle. Les élèves, très impliqués, ont également pris la parole, témoignant de leur curiosité intellectuelle et de leur intérêt pour les questions linguistiques et philosophiques.
L’entretien avec l’Immortelle Barbara Cassin a été conduit avec finesse et dynamisme par Tossavi Euloge, qui a su orienter le dialogue avec pertinence. La soirée a également été rehaussée par la présence de Son Excellence Madame l’Ambassadrice de France au Bénin et du Directeur de l’Institut français, signe de l’importance institutionnelle accordée à cet événement.
Carla M. L. SOSSOUHOUNTO
Présidente de la Section du Littoral

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